Remains of the great spirit 2

"Souvenirs du grand esprit"


© TomaBw 2009


"Souvenirs du Grand Esprit"

 

   Lya de Mylpir

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En nous sommeille un esprit, ou pour certains; une bête...
Il ne faut pas en avoir peur.
Il suffit de le regarder... avec amour.
Il faut aimer cette part de violence, faire alliance avec lui.
Laissons-nous guider par ce grand esprit........
ne plus en avoir peur.
Apprendre à le connaître.
C'est un chemin dangereux mais parfois une bonne chose pour affirmer haut et fort ce qu'on est.
Mais ne pas chercher à le dompter, juste ne plus en avoir peur.



l'esprit

 

Sonia

 

 

"Souvenir du Grand Esprit"

 

Elle a gardé le signe

De la grâce infinie

Qui la touchait parfois

Dans ses cheveux noués

La blancheur d'une plume

Le don du Grand Esprit

 

Elle en est restée digne

Dans la lumière amie

Qui l'inonde     La foi

Dans ses yeux enjoués

Sa gorge que parfument

Des essences inouïes

 

Effleurant cette ligne

Sur sa joue épanouie

Cette larme je crois

A un autre vouée

Je saigne je présume

De l'aimer à ce prix

 

Scylliane Mohan

 

 

"Souvenir du Grand Esprit"

 

En souvenir du Grand Esprit,

J'ai pris la plume de l'Aigle et l'ai mise dans mes cheveux.

En souvenir du Grand Esprit,

J'ai pris la force du Bison et l'ai dessiné sur ma peau.

En souvenir du Grand Esprit,

J'ai pris le hurlement du Loup et l'ai fixé dans ma gorge.

En souvenir du Grand Esprit,

J'ai pris le sang de mon Mari et l'ai apposé sur ma figure.

En souvenir du Grand Esprit,

J'ai cherché le venin du Serpent et l'ai mis sur mes armes.

En souvenir du Grand Esprit,

J'ai tué l'Homme Blanc comme ils ont tué mon Peuple.

 

Anthony Boulanger

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"Le nain de stanislas"


© TomaBw 2009

"le Nain de Stanislas"

 

  Parchemin

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"Le nain de Stanislas"

Sur les murs sans fin d’un château  d’autrefois,  dormait, sous une poussière  plusieurs fois centenaire, une galerie de portraits aux visages inconnus. Dans ce large et sombre couloir à l’odeur froide et humide je traversais le temps, nonchalante et paresseuse, ignorante de l’histoire de ces vies que mes doigts affleuraient traînant sous mon bras distrait. Le regard sans but, la vue vague je supposais que je voyais.
Soudain un portrait surpris mon insouciance. Je frottais avec hâte la plaque de cuivre sans éclat qui désignait son nom : « Le nain Stanislas ».

Le nain …

Il y avait en cette demi-silhouette de la magnificence et de la grandeur, mais aussi de l’éloignement et de l’inaccessibilité. Le visage était recouvert de maquillage ou bien peut-être, de larmes de sang ? Au premier plan de l’image irréelle je reconnaissais les doigts de flammes de mains de démon. J’entendais effrayée les sons sortirent de l’orifice au bas de ce visage, hésitant à définir une bouche plutôt qu’un bec acéré ?

MEFIANCE

Je craignais un sortilège, je craignais une manipulation. Je devinais mon destin et mon emprisonnement. Mes yeux fixaient la peinture doutant de son apparence : consistance ou vapeur ? A quoi avais-je à faire ? Je me brûlais à la fusion du magma démoniaque. A qui ? Un vivant ou un esprit ?

DANGER

Figée par la peur sous le tableau, presque recroquevillée, je ressentais sa supériorité et son intransigeance. Je ne parvenais pas à échapper à sa justice et à sa sanction unique. L’être sur cette peinture ancestrale avait-il infligé son influence dans la  connaissance ou bien pour son intérêt ? La longueur de sa vision reflétait ses désirs ardents. Ce nain avait-il été un homme ou un pouvoir ?

TRAHISON

Stanislas…

A mesure que je m’habituais à la pénombre, à mesure que l’odeur moisie m’incommodait de moins en moins, mes sens dilatés par l’angoisse précédemment perçue revenaient à eux. Mon regard sur l’œuvre guidé par mon esprit calmé  se posait sur ce personnage étrange, isolé et esseulé, empli de décision et de satisfaction. Pourtant, par instant, comme un pressentiment, je m’interrogeais sur une éventuelle hésitation en cet être entre regret ou éternité ? Dans la noirceur de la fumée épaisse vibrait soit un soupir soit une envie d’évasion ?

PAUVRETE

Était-ce l’humidité ambiante qui me glaçait, ou bien était-ce cette brusque révélation sortant soudain de la main de l’artiste, de la dominance  et de la déraison m’éclaboussant tout à coup dans la solitude de ce profond couloir, témoin silencieux du passé. J’étais submergée par l’inconscience et la démesure de Stanislas. Qu’expiait-il ? Agacement ou lassitude ?  Il semblait disparaître dans l’évaporation de sa substance.  Que fuyait-il ? Une lâcheté ou une jalousie ?

TROMPERIE

De ton piédestal, Nain Stanislas, tes yeux se portent au-delà de toute hauteur et par-delà l’infini.  Tu ne vois plus que le vide dans un décor incolore.  Qu’est-ce qui te tue Stanislas, remord ou épuisement ? Je suis là, plantée devant ton image que tu as quitté depuis si longtemps déjà, bien avant que le peintre ne termine son œuvre ; dans la chaleur de son effervescence je ressens la dissolution de ton âme brûlante.  Est-ce une fin ou un souvenir ?

AMOUR

Nathalie Shîrén

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tom 3

"Zin-Galo"


© TomaBw 2010

 

 

"Zin-Galo"

 

Anthony Boulanger

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"Clown lunaire"


© TomaBw 2009

"Du rire aux larmes" 

 

Bulle

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"Clown lunaire"

 

Éclat de tempête en pleine mousson ; l'hilarité de l'histrion.

Jusqu'à l'instinct de conservation ; l'oubli de soi de l'hystérie.

Vibration subtile du pavillon ; le tintinnabulement du carillon.

Présence diaphane jalousée à l'horizon ; le mécène de l'égérie.

Joie de chevaucher un nouvel étalon ; l'éphémère du papillon.

Déguisement raté pour la saison ; la négligence de l'incurie.

Tentative vaine de diversion ; le rire insane du trublion.

De toi à lui soudain en réaction ; la folie de la tuerie.

 

Alice Mazuay

 

 

"Clown lunaire"

Clown au pentacle singulier comme un œil fatal,
Clown au jeu révélateur comme un sketch fidèle,
Tu te lèves dans l’onde blanche de l’astre pâle,
Tu prends forme dans le secret des ombres nocturnes,
Tu survoles le silence de nos inconscients réveillés,
Tu t’imposes dans nos ciels, scrutateur de nos destins.
Clown encore pourtant, ton regard reste satirique,
Clown au nez rouge, ta fourberie est loyale.


Nathalie Shîrén

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"Et l'ombre grandit"


© TomaBw 2009

"Ce matin las où mon ombre est partie à l'as"


Je me trouvais las dans un froid automnal.
J'aurais aimé anéantir ce matin qui causa mon chagrin,
le reconduire à un lendemain tant il ne rimait à rien,
Le spectre de mon ombre se dessinait comme hivernal.
Est-ce une sorte de folie qui me guette ?
J'entends le bruissement des corbeaux dans mon être.
L'eau demeurait lisse accomplie dans son nid,
ne voulant point me donner de sa délicate vie.
Les arbres n'avaient pas besoin entre eux de se chatouiller,
car c'est de moi qu'ils riaient à gorge déployée.
Qu'avais-je donc fait pour mériter un tel affront ?
Le sceau du ridicule avait-il élu domicile sur mon front ?
Je décidais de ne plus me poser de questions,
elles flotteront dans l'air des suspensions.
En attendant un bel après-midi foisonnant à l'horizon,
je les ignorerais avec passion et délectation.


Teñval


"L'inconnue" 

 

L'ambiance a subitement changé.
De joviale, elle est devenue grave.
Je me suis mis à chantonner un air simple et sombre a la fois.
Une mélodie venant du fond des âges...
...de la source même de la vie.
Une litanie qui vous attrape, comme des mains géantes dans lesquelles on se sent minuscule et qui vous serre le cœur jusqu'a ce qu'il éclate et délivre sa quintessence.
J'ai dû lutter pour contenir toutes mes émotions.
Toute cette peine dont j'ignorais l'origine, toute cette peur profonde et obscure remontait en déferlante jusqu'à mon cœur.
Si petit pour tant de douleur.

 

Sonia

 

 

"Et l'ombre grandit"

 

Anthony Boulanger

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"Une extinction"

 

Une lumière se meurt, l'horizon s'obscurcit.

Dans la folie des heures, une flamme vacille.

La pénombre s'épaissit, un vent apporte sa froideur;

Toute chaleur s'enfuit sous l'emprise du labeur.

 

Le souffle se torture, la nuit voile la raison.

Le néant des murmures singent les incantations.

Dans l'oubli des saisons, les hymnes s'emmurent;

L'ivresse des oraisons jaillit des plaies qui suppurent.

 

Les cloches sont muettes, l'espoir est un fard.

Le passé malhonnête rature les grimoires.

Un avenir sans miroir, dans les inepties, se reflète.

Le présent brandit l'étendard des croyances obsolètes.

 

Les yeux scrutent le ciel, les portes semblent closes.

La terre tend la pelle pour s'échapper du morose.

Des oiseaux se posent et se rejoignent en nacelle,

L'enfant de la nuit ose enfin défier l'éternel.

 

Amaury Quétel

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