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Le blog de de l'image aux mots

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"La chanson de minuit"

"La chanson de minuit"


"La chanson de minuit"



© TomaBw 2009


"La Bête humaine"

 

S.H.M

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"Au bord de l’eau"

 

C’est un endroit perdu où il fait bon l’hiver,

Où la lune est brillante et où les nuits sont claires,

Les oiseaux volent bas sans craindre les canons,

Le gibier vient y boire et salue les poissons.

 

L’air y est agréable : une brise très douce

Caresse les herbages, les arbres, les pousses,

Fait danser les feuilles, qui ne tombent jamais

Et qui tiennent aux arbres un éternel été.

 

Pas un bruit, pas un son n’agresse les oreilles,

Pas un cri alarmant ne trouble le sommeil

Des êtres endormis là, qui rêvent gentiment ;

 

On entend à la ronde le moindre murmure,

Pas un pas ne sonne faux dans l’immense nature.

L’homme civilisé y est partout absent.

 

Eric Woestelandt

 

 

"La chanson de minuit"

 

On dira

que le ciel étincelait d'oiseaux

et qu'il faisait nuit blanche

 

Que l'herbe jamais n'avait autant lui

Que la rosée fleurissait à minuit

que le silence était bleu

 

Et l'on dira le rire

le rire

le rire du lac endormi

 

On dira

que jamais il n'y eut

d'autre été

plus insolent

de beauté nocturne

 

On dira

que je n'attendais rien

que je n'attendais plus

 

Et l'on aura menti

Elle n'est pas venue

 

Scylliane Mohan

 

 

 

"Nuit spirituelle"

 

L'esprit se libère sous le soleil nocturne,

Loin de l'effervescente apathie des lueurs diurnes.

Croisant le céleste croissant, les pensées vivent,

N'ignorant point l'arbre duquel vient leur sève.

L'âme du monde se refugie dans le soleil de la nuit;

En son sein, la peine fait le doute. Jamais elle ne s'abolit.

Subjuguée par le noir manteau, elle débouche sur le rêve;

Or les visions du cimetière griment l'essence de cette trêve.

Encore fraîche, la tombe non plantée semble nouvelle naissance.

Les gouttes salées allaitent le fruit de la démence.

L'éveil intérieur se retranche dans ce doux terreau

Où l'étranger se mue en plante sensible enracinée de fardeaux.

 

Dans ce pèlerinage, la connaissance charnelle n'est pas sœur du plaisir.

La jouissance n'est pas terre promise dans cette absence de désir.

La lumière se manifeste en plénitude grâce à l'obscurité du renouveau,

Rappelant ce monde primordial dont la vie est fruit du chaos.

 

Les contraires se soutiennent tels d'apaisantes vapeurs,

Ils se rapprochent pour l'éternel printemps de l'âge d'or.

Le flambeau de la vie se renverse puis s'endort

Et le culte de l'harmonie s'éveille en cette heure.

Le fleuve de l'oubli s'assèche sous la bienveillance des étoiles.

L'antique exorcisme de la terreur apporte la rédemption.

Les astres repoussent les frontières marquées de l'imagination

Pour que le cœur, en ultime refuge et tombeau, se dévoile.

Les dieux prennent congé au seuil de ce monde nouveau,

Les histoires sacrées s'effacent dans leurs Paradis perdus.

Le tréfonds de chacun devient destination absolue

Et l'océan infini des rêves baptisent dans la communion de ses eaux.

 

Longtemps absent, le signe poétique daigne exister.

Un nouvel évangile tend à s'écrire de manière insolente.

En apôtre, il interpelle l'enfant d'une plume aimante

Afin qu'apparaissent les trésors enfouis d'une nostalgie étouffée.

 

Amaury Quétel