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Le blog de de l'image aux mots

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"La demeure de l'homme-loup"

"La demeure de l'homme-loup"

The werewolf land copy

"La demeure de l'homme-loup"


© TomaBw 2010

 

 

"La demeure de l'homme loup"

 

Dans le manoir rôde une rumeur,

Celle d'un amant aimant une femme,

Celle d'un amant qui pour la venger,

Se voua à la lycanthropie.

 

Dans le manoir erre une ombre,

Celle d'un amant aimant une femme

Celle d'un amant qui pour l'aimer,

La vola par la magie.

 

Dans le manoir tombe une larme,

Celle d'une femme aimée de deux amants,

Celle d'une femme qui fut tuée,

Par ceux dont elle était épris.

 

Anthony Boulanger

 

 

"Comme à la nuit"

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Comme à la nuit, vient en mon séant
Le vide et l'oubli, le repos, le néant.
Mon âme troublée maintes fois, ta proie
S'abandonne en secret à ton corps maladroit.

Comme à la nuit, marcheuse esseulée
La lune, les cailloux, le vent mauvais
Le froid se fait mien, ton cri ;
Paralysée, jamais ne te fuis.

Chaque mois, à nouveau j'accours
Consoler ta chair de mon sang.
Chaque mois, tu parcours
Mon derme de tes dents.
Mon corps devenu flou
Est ta demeure, homme-loup.

 

Fiona Halloway 




"Mon repère"

 

Je vis là dans mes retranchements par cette ultime nuit sans étoile à l’abri des autres,

Errant à travers les chemins de bois et de bocage qui encerclent mon royaume.

Sous la flamme des torches, j’erre, ne craignant nulle rencontre;

L’œil hagard, les lèvres fardées d’un sourire néant du aux exhalaisons de chanvre qui m’entourent.

Ce soir dans les remises de mon château, le désir de mordre me hante.

Je suis condamnée à cette vie monacale, subissant ce silence méprisant qui me glace.

Je n’entends plus aucun murmure, seul le battement d’ailes d’une colombe noircie par cette sombre nuit.

Les rayons du crépuscule embrasent mes pupilles, moi créature des ombres à la chair meurtrie.

Devant le puits me vient une idée de la mort, ultimes secondes……….je m'égare.

Je reprends mes esprits, un coup de fouet,

Je me glisse le long des parois rocheuses peuplées d'icônes fuyantes et floues.

Derrière mes volets clos je retrouve celle que je chéris chaque nuit, ma chère et tendre plume !

 

Une prose noire s’étend pour calmer mon cataclysme interne.

Les ombres des lettres se dessinent, ma plume se nourrit de mes pensées ternes.

A terre gisent mes lignes, souvenirs rescapés de l’excavation de l’oubli,

Tandis que l’encre se répand sur une page vierge, seul témoin de mon ennui.

Aucune étincelle de vie ne vient éclairer les prisons de mon royaume nocturne.

Dans un monde de silence, les mots étouffent mon vacarme intérieur si absurde.

Ma main comme une silhouette en pénitence s’éprouve car le temps n’agit plus,

Pliant sous le fardeau de la vie et de sa banalité, mon inspiration transpire le déjà-vu.

Attachée à une boulimie de pleins, mes spectres me délient vers une frénésie de mort ;

Un appel muet me parvient, la faim égare ma volonté et ses remords.

Parmi les  fantômes de la nuit, plume et encrier s’effacent en victimes ;

Indigne d’espérer une saine envie, seules les lettres de sang enjolivent mes nouvelles lignes.

 

Une fois l’écume de ma haine ravalée, je réunis mes feuillets dans leur boite de pandore.

Iconoclaste rêvant de quitter sa caste, je guète le crépuscule et fantasme sur la chair lisse et ferme d’un fruit pur,

L’essence vestale d’une ultime victime qui appelle mes morsures.

Ses cris se perdent dans la nuit, à travers les ténèbres, il s’enfuit…mon ambroisie !

Les lèvres ensanglantées d’avoir trop rêvé à ce nectar vermeil qui m’ensorcèle,

Je m’en retourne, bonne ermite, dans mon cloître odieux, d'un bon pas fendant l'air brumeux.

Mon cœur, tambour voilé au rythme saccadé, battant la marche funèbre.

-Ô douleur ! Ô douleur ! L’obscur me ronge, le cœur tient en rigueur!

-Ô douleur ! Ô douleur ! L’immortalité lapide mon entité !

Par delà les temps il faut abolir ce maléfice qui nous porte préjudice,

Qui nous condamne à rester sur la sellette à jouer avec nos vies obsolètes.

 

Amaury Quétel & Orlane Guéret

 

 

"La demeure de l'homme-loup"

 

Cruel, peut-être immortel,

L'homme-loup, c'est ainsi qu'on l'appelle.

Même ceux de son entourage

Ne peuvent voir son visage.

Puissant seigneur de ces terres,

C'est dans cette demeure qu'il se terre.

On dit que la nuit,

Quand tout est endormi,

Il court dans les bois,

Nu, même quand il fait froid.

Le soir, à la veillée,

Près de la cheminée,

On raconte ses méfaits

Aux enfants effrayés.

On dit qu'il se transforme

En un animal informe.

Nul ne le sait vraiment.

Nul ne l'a vu réellement.

Mais depuis toujours,

Le bruit court

Que si on ne voit guère d'étrangers,

C'est qu'ils se sont faits manger !

La bête cruelle, l'homme-loup,

Est-il maudit ou bien fou ?

De toutes les façons, le Diable est en lui

Et nul n'ose s'aventurer dehors la nuit.

 

Véronique Tarin