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Le blog de de l'image aux mots
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"Le nain de stanislas"

"Le nain de stanislas"

"Le nain de stanislas"


© TomaBw 2009

"le Nain de Stanislas"

 

  Parchemin

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"Le nain de Stanislas"

Sur les murs sans fin d’un château  d’autrefois,  dormait, sous une poussière  plusieurs fois centenaire, une galerie de portraits aux visages inconnus. Dans ce large et sombre couloir à l’odeur froide et humide je traversais le temps, nonchalante et paresseuse, ignorante de l’histoire de ces vies que mes doigts affleuraient traînant sous mon bras distrait. Le regard sans but, la vue vague je supposais que je voyais.
Soudain un portrait surpris mon insouciance. Je frottais avec hâte la plaque de cuivre sans éclat qui désignait son nom : « Le nain Stanislas ».

Le nain …

Il y avait en cette demi-silhouette de la magnificence et de la grandeur, mais aussi de l’éloignement et de l’inaccessibilité. Le visage était recouvert de maquillage ou bien peut-être, de larmes de sang ? Au premier plan de l’image irréelle je reconnaissais les doigts de flammes de mains de démon. J’entendais effrayée les sons sortirent de l’orifice au bas de ce visage, hésitant à définir une bouche plutôt qu’un bec acéré ?

MEFIANCE

Je craignais un sortilège, je craignais une manipulation. Je devinais mon destin et mon emprisonnement. Mes yeux fixaient la peinture doutant de son apparence : consistance ou vapeur ? A quoi avais-je à faire ? Je me brûlais à la fusion du magma démoniaque. A qui ? Un vivant ou un esprit ?

DANGER

Figée par la peur sous le tableau, presque recroquevillée, je ressentais sa supériorité et son intransigeance. Je ne parvenais pas à échapper à sa justice et à sa sanction unique. L’être sur cette peinture ancestrale avait-il infligé son influence dans la  connaissance ou bien pour son intérêt ? La longueur de sa vision reflétait ses désirs ardents. Ce nain avait-il été un homme ou un pouvoir ?

TRAHISON

Stanislas…

A mesure que je m’habituais à la pénombre, à mesure que l’odeur moisie m’incommodait de moins en moins, mes sens dilatés par l’angoisse précédemment perçue revenaient à eux. Mon regard sur l’œuvre guidé par mon esprit calmé  se posait sur ce personnage étrange, isolé et esseulé, empli de décision et de satisfaction. Pourtant, par instant, comme un pressentiment, je m’interrogeais sur une éventuelle hésitation en cet être entre regret ou éternité ? Dans la noirceur de la fumée épaisse vibrait soit un soupir soit une envie d’évasion ?

PAUVRETE

Était-ce l’humidité ambiante qui me glaçait, ou bien était-ce cette brusque révélation sortant soudain de la main de l’artiste, de la dominance  et de la déraison m’éclaboussant tout à coup dans la solitude de ce profond couloir, témoin silencieux du passé. J’étais submergée par l’inconscience et la démesure de Stanislas. Qu’expiait-il ? Agacement ou lassitude ?  Il semblait disparaître dans l’évaporation de sa substance.  Que fuyait-il ? Une lâcheté ou une jalousie ?

TROMPERIE

De ton piédestal, Nain Stanislas, tes yeux se portent au-delà de toute hauteur et par-delà l’infini.  Tu ne vois plus que le vide dans un décor incolore.  Qu’est-ce qui te tue Stanislas, remord ou épuisement ? Je suis là, plantée devant ton image que tu as quitté depuis si longtemps déjà, bien avant que le peintre ne termine son œuvre ; dans la chaleur de son effervescence je ressens la dissolution de ton âme brûlante.  Est-ce une fin ou un souvenir ?

AMOUR

Nathalie Shîrén