
"L’éternel enraciné"
Le soleil fuit et laisse place à la nuit.
J’avance, balayant les feuilles mortes du bout de ma chaussure,
Pour seuls compagnons, les tourments de cette aventure,
L’arbre ne doit plus être loin,
« Escortez le cours de l’eau, jusqu’à la cascade puis comptez vingt pas, au pied du grand chêne il délibérera »
Le bruit de l’eau devient suffoquant,
Plus haut sur la colline, Ethan, mon cheval m’attend.
Je compte, un, deux, trois,....vingt, il est là.
Drapé de noir, je ne distingue pas son visage.
Les mains derrière son dos, enferment mon futur fardeau,
Guidé par la voix, je tends la main,
Une entaille à peine plus grosse qu’une épine de pin,
Sur le contrat, les perles de mon sang en guise de châtiment.
Dans un ballet organisé, mon corps et mon bourreau partent en fumée
Le sang de mes veines est remplacé par la sève
Enraciné je ne rejoindrais pas la plaine
Je resterai prisonnier de ce vieux chêne, pour seuls amis les oiseaux qui virevoltent dans le ciel
Lueur d’éternité a convoler ma peine
Je n’avais pas rêvé quand cette voix a murmuré tout bas des mots qu’on ne soupçonne pas...
Alors si dans votre sommeil, une voix douce vous émerveille,
Reprenez-vous, c’est la mort qui vous appelle.
Bulle