© TomaBw 2008
"Marionnette"
Sous les craquements du bois,
La lumière pénétrante
Se fait menaçante ;
Éblouie je quitte ma loge.
Comme un bébé cyanosé,
Inerte, je me laisse manipuler
Je ne crie pas, je ne pleure pas,
Sans voix, puis-je protester ?
L’odeur de la peinture inonde la pièce
Faut il vraiment que je m’apprête ?
De son pinceau il me caresse,
Les effluves me montent à la tête;
C’est dans un nuage de poussières
Que ma main jusque là épargnée, il transperce
Les crochets me font mal, traversant, perforant
Inerte, Je suis prête
La douleur présente, restera
Demain, déjà, lorsque je serais sèche,
Mes ficelles, il agitera
Moi pauvre petite marionnette
Amoureusement, lui, il jouera.
Comme une fleur délicate, luttant sous les gouttes d'eau d'une pluie battante
Je m’effondre dans cette boite, fatiguée de cette attente,
Rêvant du jour ou la ficelle usée, ne sera pas remplacée
Mes membres déchirés ne seront plus articulés.
Privé de son jeu, il me jettera au feu
Consumée je pourrai m'envoler
Je ne serais jamais plus qu'un tas d’allumettes
Qui ont fait de moi cette toute petite marionnette...
Bulle
« Le divin mensonge »
De tous ces cultes que l'on nous inculque
Il est un mythe qui m'irrite bien haut
Car il verse sur les femmes tant de maux
Qu'elles soient religieuses ou agnostiques
Cette méprise origine du péché
Fit de notre Ève une diablesse effrontée
La gourmande qui porta ses lèvres au fruit
Scellant à jamais l'accès au paradis
Qui serait assez crédule en vérité
Pour croire à une pareille énormité
Qu'en un seul fruit puisse couler tout savoir
Et qu'un serpent vienne en vanter les pouvoirs ?
Ève aimait y croquer à n'en pas douter
Pourtant cette version là est erronée
Car c'est notre Adam qui la pomme avala
Puisqu'en travers de la gorge elle lui resta
Floriane Alavoine