© TomaBw 2007
"Rêve sanglant"
Oiseaux de malheur
Palpitant au-dessus d’un point d’eau
Dont je ne puis révéler l’horreur
Marée de sang croupissant dans ce paysage champêtre
L’avènement contraint des pensées sous-jacentes
Cette promenade en terres de Mars
La vision inspirée était paradoxe entre cette neige blanche
Et le liquide de nos vies anéanties
Nos rêves se taisent en hypnoses mordorées
La vie est une éclipse pour qui l’a remarqué
Je ne savais plus que faire et mon visage devenu inquiet
Cherchait dans les cieux la vie et l’amour.
Georges Thiéry
"Rêve sanglant"
Je dois te dire que dans mes songes tu es morte
comme dans ce rêve de la nuit dernière où après t'avoir drogué
je t'emmenais à ce lac que tu aimes tant,
celui où tu passes des journées entières à te promener.
Je t'y ai conduis donc
puis t'ai tranché la gorge et les veines
après t'avoir déposé sur l'eau.
Ton corps a coulé et ton sang s'est déversé
faisant prendre à l'étendue une teinte rouge
provoquant dans le même temps la fuite des oiseaux.
OlinshA
"Vision de mort"
Eisen
"Rêve sanglant"
L'acier froid de l'hiver
a poignardé le ciel
juste après ton départ.
Et sur mes rives exsangues
où cristallisent mes vers
s'est déposé le gel
de ma morte langue
et de ses rêves barbares.
Là, sous ce lac rubicond
où saigne le remord
des soleils moribonds,
ultime offrande,
j'irai glacer le sang
que tes oiseaux morts
attendent
furibonds.
Loran
"Rêve sanglant"
Je fais souvent ce rêve étrange et effrayant
D'une armée inconnue, que je mène et qui m'aime
Qui n'est à chaque fois ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me détruit
Elle vient à moi, l'ost funeste, fiers étendards
Portés hauts dans le vent de la morne plaine
J'entends les claquements des sabots des chevaux
Contre ce sol promis à muer en charnier
Elle accourt ma piétaille, chants guerriers aux lèvres
Clamés forts dans le vent de ma nuit future
Je vois leurs armes briller au crépuscule
Dans les yeux des ennemis terrassés de peur
Elle repart mon armée victorieuse, lasse
D'avoir tranché des corps et jeter nuit durant
Les restes dans ce clair lac à présent sanglant
Où se baignent et se repaissent les corbeaux
Anthony Boulanger
"Pénitence"
Il est passé le temps où je te murmurais
L'espace, l'avenir et toutes mes envies.
Le plus mutin des sourires tu esquissais,
Promettant l'envol, aperçu de Paradis.
Immense gâchis que tu n'ai pu survivre,
A la morsure de mes malins appétits.
La passion rend incontrôlable et ivre.
Mon esprit choit, décomposé, vers l'apathie.
Je te retrouverai, petite âme égarée,
Auprès d'un autre lac aux oiseaux incongrus.
La Bête appartiendra aux esprits trépassés,
Quand le poids glacé du sang aura disparu.
Alice Mazuay
"Rêves sanglants"
Buissons épais : tapis dans leur protection
Les corps usés et déchirés jour après jour
De ces jours où les heures sont éternité,
Promesse d’éternel dans une odeur de mort,
Les membres épuisés de carence nutritionnelle
Les visages éteints et prématurément vieillis
Les lambeaux de tissus flottants tout autour
Les fusils abandonnés devenus trop lourds,
Une étrange journée s’endort dans un coucher rougeâtre,
Fermant les paupières à demi-closes déjà
Transformant le fleuve en sang
Projetant des ombres macabres à sa surface,
Réveillant brusquement la paix d’anciens esprits ;
Les soldats reposent, englués de rêves inconnus,
Exécutant les rêves d’autres : tapis dans leurs sièges de cuir,
Le costume impeccable, élaborant leurs rêves sanglants
D’un pouvoir à une échelle inhumaine.
Nathalie Shîrèn