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Le blog de de l'image aux mots
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"A l'éthéré"

"A l'éthéré"

"A l'éthéré"


© TomaBw 2009


 "Entre leurs mains"

 

De l'amalgame des maux de mes ancêtres naquit mon être

Et pour sortir de ce terreau, leurs cendres forgèrent mes ailes.

Face à cette masse agenouillée, je me suis envolé pour renaître;

Délaissant leur paraître parodié, l'ombre devint ma Belle.

Chassé par leurs dogmes mortuaires, je fus le fils de l'immatériel,

Préférant les murs de ce sanctuaire à leur vanité démentielle.

 

L'essentiel de leur folie restant en suspens et sondant ma forme,

Ce fut dans le fond qu'ils bâtirent leur néant, fruit de leurs stupides normes.

Anormaux, ils construisirent leurs vices dans leurs écrits de l'éther,

Insufflant  les soi-disant fléaux et supplices à ma vie délétère.

Il n'y avait plus d'été plus d'hiver, juste d'acides averses,

Tout au plus quelques faits divers qui mirent l'Humain à la renverse.

 

Traversant le temps et l'espace, on me représenta en démon,

Je ne pouvais soigner leurs métastases ni être le trait d'union

Entre leurs cultures de l'espèce et leur sable qui se figea en glace;

Je les laissais à l'ivresse, culte de leurs génocides de masse.

 Je luttai contre ces gravités qui nous conduisaient à la chute,

Utopiste je songeai à réveiller ces hommes endormis,

De ramoner leurs poumons encrassés de suie ;

Intoxiqués par une nuée de soufre qu’ils ont cru délectable volute.

 

Désirant endoctriner de nouvelles âmes afin d’aller raviver la braise,

Fils d’Icare, je m’élevai au dessus des rochers de cristal,

Tandis que mes battements d’ailes bravaient un souffle hiémal.

Mercenaire oxygéné, les joues empourprées, lueur d’apothéose

Je me battais fermement contre ces anamorphoses.

On entendait  la voix des morts hurlant de leur fosse

A l’unisson, un épique cantique qui provoquait le malaise,

Et gela ma chair jusqu’à l’os.

 

Mes ancêtres furent  lobotomisés sous le joug de la jeunesse,

Leurs visages à jamais démunis de la moindre joliesse.

La mémoire otage des ornières que le temps a creusées

Par  tous ces poisons transfusés qui un temps les aidèrent à s’évader

De ces paysages d’étranges carcasses dépouillées peuplés d’arachnides transgéniques

Théâtre des labyrinthes modernes, aux scènes tyranniques.

 

Amaury Quétel & Orlane Guéret