
"Le lâche"
J'ai la rotule qui s' barre,
Comme tirée d'un cauchemar.
Elle s'est mise à hurler, à siffler,
A cracher, s'est prise pour une bouilloire,
Encrassée de thé noir... de Chine... fumé.
Voyez ces traces fossiles,
Gravées dans le genou,
Au-dessous du condyle,
Ici et tout autour.
« C'est sculpté à la dent! »
Une incisive pour l'esquisse,
Une coup de canine à la Matisse,
Le tout poli à la molaire,
Ou prémolaire... dévitalisée... couronnée.
On dirait d'une église le tympan,
un éventail de pierre de six cents ans.
Et moi, me prosternant, devant,
Genou à terre, genou en sang.
C'est sa faute, pas la mienne.
Plag O'Platre