© TomaBw 2008
"Seconde lune"
Lya de Mylpir
"Prorata"
C’est incroyable cette faculté que je possède à subir ma vie lorsque ma raison est embrumée,
Je n’ai même plus cette sensation pourtant minimale de n’être au moins qu’un petit rouage
De cette machine à broyer les êtres qu’est la civilisation productive.
Une vie au prorata
Je mange au prorata de ce que je gagne, je gagne au prorata de ce que je sème,
Je sème au prorata de ce que j’espère et malheureusement j’espère au prorata de ce que je doute.
Immense simulacre qu’est le choix du chemin et le contrôle de sa destinée.
Prorata
Moi je suis un prolo au teint grisonnant, dans un appartement grisonnant,
Au cœur d’une ville, d’un pays, voir d’un monde grisonnant.
Un prorata
Je rie au prorata de ce que je pleure, je donne au prorata de ce que je reçois.
Je lutte au prorata de ma lâcheté, je partage au prorata de ma possession.
Et je rêve au prorata de ma réalité, de mon travail, de ma productivité ;
Du plan de carrière qui à été dessiné pour moi au prorata de ma capacité à me révolter.
Prorata, un prorata
Le prorata c’est la force centrifuge qui vous aspire loin,
Très loin de vos utopies initiales.
Mais le plus vicieux dans tout ça c’est que l’on se borne à une conviction.
Je peux résister à cette force, je suis différent, je ne suis pas les autres je ne suis pas les autres.
Et pourtant,
Tout ceci nous donne au final cette extraordinaire sensation d’exister
Au travers d’un combat qui à été perdu le jour ou pour la première fois
De l’oxygène a embrassé nos poumons.
Un prorata
Un prorata
Un prorata
J’existe au prorata de mes convictions.
Secri