© TomaBw 2008
"Désolation"
Frustration devant ce monde torturé,
Le genre humain est il vaincu ?
Quel mal mystérieux ronge son flanc ?
Chaque jour notre planète se lyophilise un peu plus.
Toi l’artiste pensif au corps doux et cher
Tes grands yeux se font plus noirs.
Tu trônes là, sphinx incompris, emmailloté dans tes langes.
Mélancolique des époques lointaines…
Alors que ton esprit se meut avec agilité pour réveiller les cervelles humaines,
Un vent glacial vient te caresser l’échine,
Tu te recroquevilles…
Peur de vieillir ou peur de lire le dénouement ?
L’esprit vaincu, le cœur résigné, tu t’endors.
Insatiablement avide pour rêver à l’avenir incertain.
Orlane Gueret
"Un monde cassé"
Mortenson
" Injustice"
Injustice, serpent sournois qui sereinement se glisse
Au cœur même de chaque être avec malice
Sifflant soudainement au sein de la liesse
Suppliciant perfidement l'âme saine, tu es sa faiblesse.
Insidieux ravage rampant de ci de là
Persiffleuse déesse sœur de Charybde et Scylla
Sournoise catin! Sciemment incisive !
Salissant le Styx par delà ses deux rives !
Maîtresse du mensonge, tu en partages sa couche
De tes phalanges fines le griffant telle une fourche
Impérissables amants souillant depuis toujours la terre
Méprisables régents abreuvant ces pauvres hères.
Vive putréfaction s'immisçant parmi les hommes
Plus acerbe que la vipère forçant à croquer la pomme
L'humanité t'adule ,te couronnant chaque jour
Tu te prélasses avec délice me toisant de ta tour.
Cédric Payen
"Tristes troupeaux"
Que c'est triste un monde qui a perdu ses géants,
La raison est une prison pour les regards d'enfants.
Le miroir de l'union reflète les isolements
Et les pensées fécondes se muent vite en bêlements.
Quelle tristesse n'est-ce pas de vouloir marcher droit?
Il est interdit d'trébucher quand sont dictés les pas.
Il faut feindre de s'relever quand survient le trépas
Car les dogmes font les lois et les belles laines les rois.
Qu'ils sont tristes ces près qui poussent tous à l'ivresse,
L'herbe verte disparaît sous le joug d'la jeunesse.
Les envies désespérées se confondent dans les messes
Et la croix du berger prostitue les promesses.
Que c'est triste une pluie qui n'croit plus aux rivières,
Dans la sécheresse fleurit une étendue de cimetière.
On aperçoit des brebis qui se meurent en prière.
Enfer ou Paradis, elles finiront dans la terre.
Quelle tristesse de croire qu'elles se sauv'ront en médicaments,
Elles ne sont qu'des papiers buvards noyés d'engouement.
Seuls les moutons veulent voir des lumières dans l'néant,
Celles de leurs abattoirs qui semblent purifier le sang.
Amaury Quétel